Nous savions déjà que nos médias sont frappés par une tachypsychie récidivante et contagieuse. Ils viennent de battre leurs records symptomatiques en nous offrant l'une de ces semaines folâtres dont nous raffolons.

 

Nul n'a pu échapper aux longues litanies, bienveillantes ou captieuses, dont fut régalé le peuple souverain par l'éventualité d'une vacance de Monsieur Hulot.

 

Le beau monde le savait, le monde médiatique le taisait, la déontologie commandait. Mais toutes les plumes, toutes les langues, toutes les images, si l'on peut dire, étaient dans les starting-blocks. Prêtes pour la grand-course aux âneries. Chacune à ses marques.

 

 

Il a suffi qu'un audacieux bavard se décidât à transformer en information l'existence d'une rumeur pour que la déontologie volât en éclats. Tous ceux qui font métier de communiquer s'élancèrent de conserve et se mirent à galoper ferme dans la boucle des commentaires.

 

Le fond n'étant connu que des deux protagonistes initiaux, et n'étant connaissable par nul autre, ce fut un déferlement sur la forme, sur les suppositions, sur les supputations, sur les allusions, sur les préjugés, sur les bienveillances, sur les intentions de nuire.

 

Tous les procédés de la rhétorique, de la dialectique, de l'art de convaincre y sont passés à grand renforts d'arguties partisanes, de stratagèmes de communication, de concours d'avocats, d'interventions associatives.

 

Le quidam et sa sœur puînée la quidame, qui ne sont pourtant pas tombés avec les dernières pluies, se sont perdus en conjonctures pour savoir d'où venait la charge.

 

Comme on est souvent trahi par les siens, ils pensèrent d'abord que le coup venait de quelque écologiste irrité par l'évanescence de l'éradication de l'énergie nucléaire.

 

Mais comme le froid s'est invité dans l'actualité ce n'était pas le moment de relancer la question de savoir comment dans un avenir lointain on pourrait survivre, en notre hémisphère, à des vagues de froid de longue durée. Exit l'écologie et le réchauffement de l'atmosphère. Place aux ardeurs sexuelles ! Nulle taxe carbone ne peut les tempérer.

 

Peu à peu, les origines de l'attaque se précisèrent. Nous vîmes monter au créneau des défenseurs et des défenderesses de la vertu et de l'égalité qui ne se contentent pas de la réserve des tribunaux face à l'inconnaissable, instruisent des procès supplétifs et rétroactifs jusqu'à la nuit des temps, rêvent d'installer micros et caméras aux quatre coins de chaque lit, ne tarderont pas à vouloir inscrire dans les textes constitutionnels le principe de séparation du Sexe et de l'état. Au train où vont les choses, il faudra bientôt être castrat ou infibulée pour entrer en politique ou en administration !

 

Je vais vous faire une confidence. Avant que je ne portasse des lunettes, si par hasard je me fusse trouvé dans la même chambre et le même lit qu'une jolie femme, ma vertu naturelle eût pu être prise en défaut.

 

Il me semble qu'en la vie, la prudence commande de bien choisir ses relations et de prendre garde aux situations dans lesquelles on se met.

 

Cela n'implique pas d'excuser l'inexcusable mais en toutes choses, il faut de déraison se garder.

 

 

 

Pierre Auguste

 

Le 14 février 2018